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Objectif atteint pour les Rencontres du S.P.A.S

20 novembre 2014 2 commentaires

auditorium-enghienLes conférences qui permettent de prendre un peu de hauteur sur le marché du spa et du bien-être se font rares en France. C’est pourquoi les premières Rencontres du S.P.A.S sont à marquer d’une croix. Lundi dernier, une centaine de professionnels du spa, de la thalasso et du thermalisme ont participé à cette journée organisée à l’Auditorium des Rives d’Enghien-les-Bains par le syndicat professionnel, présidé par Jean-Jacques Gauthier (photo ci-dessous), avec le soutien de la Ville d’Enghien, du groupe hôtelier Lucien Barrière, d’une sélection de partenaires (Yon-Ka, Hydro-Jet, Eureduc, label Spas de France) et des magazines Aquae et L’Actu Spa & Bien-être. Au cœur des débats : comment sortir de la crise et envisager le spa du futur ? Les évolutions sociétales à ne pas rater ? La santé et les objets connectés dans le spa ? Une tendance lourde et un nouvel outil à surveiller de près.

Jean-Jacques-GauthierD’emblée, le ton a été donné par Nathalie Damery (visuel ci-dessous), présidente de l’Obsoco (l’Observatoire Société Consommation). Cette structure de référence créée en 2011 avec Philippe Moatti et Robert Rochefort (ex-Credoc) analyse les mutations du modèle de consommation, du commerce et de l’organisation des marchés de consommation. Pendant plus d’une heure, sa co-fondatrice a décrypté les bouleversements profonds que vit notre société (nouvelles technologies, mutations sociétales et économiques, évolution démographique) et qui sous-tendent l’émergence de nouveaux besoins et de nouveaux modes de consommation.

Elle a notamment rappelé l’aspiration des Français à consommer autrement, l’attention portée à la santé, au bien-être, au «retour à la source». «Par prévention ou consolation, par la redécouverte des cultures traditionnelles du toucher, par la valorisation du corps individuel, les soins oscillent entre devoir envers soi-même et autrui, et demande d’une prise en charge globale comprenant la santé, l’alimentation, le bien-être, l’esthétique, résume-t-elle dans la présentation de son intervention. Soutenues à la fois par l’éthique du « care » et par la tendance à la mesure de ses données personnelles (« Quantified Self »), on assiste désormais à de nouvelles créations de soi. Elles jouent tour à tour sur l’individualisme, l’hédonisme, la rassurance, la responsabilisation et la résilience».

nathalie-dameryAu cours de son intervention, nourrie d’exemples puisés dans différents marchés, Nathalie Damery a souligné l’évolution du rapport au corps : en temps de crise, a-t-elle insisté, la santé est un capital. Le rapport à la santé est anxiogène et la bonne santé penche du côté de la prévention. Autre sujet de réflexion : au 21ème siècle, le «plus bel objet de consommation, c’est le corps »… Autant de métamorphoses susceptibles de nourrir la réflexion des professionnels du spa et de dynamiser le marché.

gerard_andreDans la foulée, Gérard André (photo) a rappelé l’urgence de se projeter dans le futur lorsqu’un porteur de projet envisage d’investir dans un spa ; de penser son spa en termes de localisation, de clientèle potentielle, d’attentes consommateur, d’avantages concurrentiels offerts, d’authenticité. Et, bien évidemment, de rentabilité. «Il y a un réel futur pour les activités destinées à satisfaire le besoin croissant de bien-être, notamment dans les sociétés développées et les destinations touristiques, a rappelé cette pointure du secteur, consultant spécialisé dans le bien-être, l’hôtellerie et le tourisme. Le secteur du spa en bénéficiera dans la mesure où ses acteurs ne se contenteront pas de chercher à se développer en réalisant encore ce qui existe déjà, et chercheront à renouveler l’offre en matière de localisation, d’équipements, de services et de prestations. Ils se devront de prendre plus en compte, tant les évolutions sociologiques et socio-économiques, que les attentes à la fois constantes et changeantes des différentes clientèles potentielles : personnalisation, corps et santé, bien-être, mieux-être, satisfaction profonde… ».

Dr-jacques-desplanEn guise d’illustration, le Dr Jacques Desplan, président-fondateur du groupe de cliniques Fontalvie, est venu présenter le centre d’optimisation santé R Révolution Santé qu’il a inauguré à Montpellier au mois de septembre. Un centre de wellness à la française unique en son genre, la réglementation n’aide pas, qui commence déjà à essaimer à l’étranger. La vocation de R Révolution Santé ? Prévenir l’apparition et l’installation de maladies chroniques dites de civilisation (obésité, stress, addiction tabagique…), et optimiser la santé de chacun grâce à un accompagnement global et personnalisé.

Forte de plus de 25 ans d’expérience dans le secteur de la santé, l’équipe dirigée par le Dr. Jacques Desplan s’est appuyée sur diverses études scientifiques et sur l’apport de spécialistes (médecins, chercheurs…) pour monter ce concept et lui donner du contenu. La prise en charge des clients repose notamment sur l’établissement d’évaluations individuelles fondées sur cinq éléments clés : la cognition, les émotions, l’activité physique, la nutrition, le sommeil. A Montpellier, une « Maison de Santé » animée par des médecins jouxte un spa où sont proposés des ateliers (nutrition, méditation, yoga…), des soins de beauté et de bien-être (balnéo, massages de bien-être, soins esthétiques…), des activités physiques, L’Epicerie R où l’on peut se restaurer sainement. Evidemment, la création d’un tel lieu ne se fait pas sans frottements avec le milieu médical et l’administration. Mais pourquoi continuer à se priver de tels lieux et d’une telle expertise alors qu’il suffit de faire quelques kilomètres pour trouver des « wellness clinics » en Suisse, en Italie, en Espagne, s’interroge Gérard André…?

rencontres-spasL’intervention du Dr Desplans a été suivie d’une table ronde consacrée au «spa santé, la santé dans le spa» à laquelle ont participé différents intervenants issus de la thalasso avec Philippe Gomez, directeur général du Relais Thalasso et président du syndicat professionnel France Thalasso (à gauche sur la photo ci-contre) ; du thermalisme avec Isabelle Fischer, directrice d’exploitation du centre thermal d’Enghien, du Medi-Spark et du Spark (à droite) ; du Medispa® urbain avec Erika Borg, directrice générale du Harmony Medi Spa de Toulouse (au centre). Car c’était, là aussi, tout l’intérêt de ces Rencontres : réunir dans un même endroit des professionnels venus de lieux différents, mais qui font tous partie de la grande famille du bien-être et qui ont tous des choses à apprendre les uns des autres.

Le Pr Jacques Desplan et Gérard André ont apporté leur contribution à ces échanges au cours desquels il a été question de la réglementation en France et des différentes façons d’aborder la prévention santé et la santé dans le spa. Philippe Gomez est notamment revenu sur le principe de la cure Thalavie, lancée par le groupe Phélippeau en 2013 dans ses établissements Relais Thalasso, et fondée sur la prévention et la personnalisation des soins autour de la thalasso, de l’activité physique et de la micro-nutrition. Tiens, tiens… Une initiative suivie de près par les autres centres spark-Enghiende thalasso en France et qui devrait générer des nouveautés en 2015… Isabelle Fischer a expliqué le fonctionnement du site d’Enghien, seule ville thermale d’Ile-de-France, qui regroupe en un même lieu le plus grand spa de la région (le Spark, 3 500 m², visuel ci-contre), un spa médical centré sur l’anti-âge, la minceur et le sevrage tabagique depuis peu (le Medi-Spark), et un centre thermal spécialisé dans l’ORL.

Erika Borg, quant à elle, a partagé son expérience au sein du Harmony Medical Spa de Toulouse, qu’elle décrit comme un « lieu de prise en charge holistique de la beauté médicale et anti-âge visage et corps ». Pourquoi ? En plus des soins anti-âge et minceur à proprement parlé (lipomodelage, cellulite, radiofréquence…), l’espace propose des soins de relaxation ainsi qu’une approche nutritionnelle avec bilan et coaching personnalisé. Des soins de médecine esthétique sont par ailleurs délivrés dans un local adjacent. Cette pharmacienne-nutritionniste a également tissé un réseau avec des psychologues afin d’accompagner certains clients. Autrement dit : il n’y a pas une solution, mais différentes solutions pour aborder l’idée de santé dans l’univers du spa. A chacun de l’intégrer à son propre projet en tenant compte de la réglementation, a t-il été rappelé en substance pendant cette table ronde animée par L’Actu Spa & Bien-Etre.

juliendaubertpanasyukphotoEnfin, cette journée s’est clôturée par un tour d’horizon sur les objets connectés et leur intégration, inévitable à court terme, dans la gestion d’un spa. Parce qu’ils serviront à sa géolocalisation, à sa stratégie de marketing, à l’organisation des soins (fidélisation, suivi personnalisé de la clientèle…). Parce que la mesure des données personnelles (« Quantified Self ») soulignée par Nathalie Damery se développe à vitesse grand V dans le domaine de la santé et du bien-être : on mesure son stress, son poids, ses performances sportives, ses dépenses caloriques… Et parce que les clients de demain, les fameuses générations Y et alpha, ne savent plus vivre sans leur smartphone et leur tablette… Après une petite revue spéciale santé et bien-être réalisée par Carine Sarriquet (Aquae), données chiffrées à l’appui, un éclairage particulier a été apporté sur le sujet par Julien Daubert-Panasyuk (notre photo), cofondateur de la start up bordelaise 10H11, spécialisée dans la visualisation de données et désormais présente au Canada via sa filiale 4H11 (pour le décalage horaire…). A son actif, notamment, la création de Goria, une plateforme web capable de rassembler l’ensemble des données sport, santé et bien-être relatives à toute personne, à partir de ses objets connectés et de ses applications.

Comme dans tous les événements de ce type, il y a certainement des réglages à apporter au format de ces Rencontres. Mais force est de constater le niveau des interventions, la pertinence des sujets abordés et l’esprit d’ouverture qui a présidé à leur déroulement. Tout au long de la journée, les participants ont rappelé la nécessité de surveiller les changements sociétaux (vieillissement de la population, émergence de la génération alpha…) qui sous-tendent l’évolution des attentes et des besoins de leurs clients. Ils ont également insisté sur la nécessité de surveiller le marché à l’international, qui est à la fois source d’inspiration, de concurrence et de business pour les acteurs nationaux : qu’attendent les groupes français thermaux pour apporter leur expertise au développement du thermalisme en Asie et au Moyen-Orient, questionne encore Gérard André… ?

A l’heure où les «barbares» s’emparent de pans entiers de l’économie en se contentant parfois de transférer des activités existantes sur le web (commerce, petites annonces, guides, centrales de réservation…). A l’heure aussi où le tourisme du bien-être continue de croître à l’échelle mondiale, il est temps que la profession se structure et se dote d’un cadre qu’elle se sera choisi pour développer une activité de qualité et des centres de profit viables, a par ailleurs rappelé cet expert qui a longtemps travaillé dans l’industrie thermale. Des propos en phase avec l’objectif du S.P.A.S et de son président Jean-Jacques Gauthier, qui a organisé ces Rencontres. Rendez-vous l’année prochaine… ?

Anne Autret

 

2 commentaires »

  • Segers :

    Journée riche en informations avec des intervenants de très grande qualité, qui amène à réfléchir au spa du futur et à l’évolution des concepts existants.
    L’offre Spa actuelle est-elle en adéquation avec les attentes des consommateurs ? Et ces dernières sont elles bien entendues par les porteurs de projet ?
    Les rencontres du S.P.A.S remettent le consommateur au centre du spa et de sa gestion pour un métier résolument humain.
    En espérant que cette première sera le début d’une rencontre annuelle qui permettra de réfléchir sur nos métiers !

  • Aldina Duarte Ramos :

    Tres interessant. Bravo.

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